Nihon Kobudo Shinkokai & Nihon Kobudo Kyokai

Il y a beaucoup de confusion concernant quelles organisations au Japon « vérifient l’authenticité » et la fonction des Koryu. Ce post est la compilation de diverses sources.

NDLA: Vous remarquerez que dans ce site, l’article de wikipédia, pris comme référence, pour l’énumération des Koryu, n’est qu’un exemple donné par shihan Guy Buyens, du Hontai Yoshin Ryû, membre de la kyokai.

Par ailleurs, il faut garder présent à l’esprit que des pratiquants de haut niveau, comme Donn Draeger, entre autres, ‘menkyo kyoshi’ du Katori Shinto Ryû, était membre de la shinkokai. 

Certains maîtres, dont Henry Plée sensei et d’autres, que j’admire beaucoup, tentent de minimiser l’importance de l’apport qu’a représenté Donn Draeger dans le rétablissement de la pratique authentique des arts martiaux au Japon et dans le monde, des anciennes Ecoles (Koryu) en particulier, et leur perception. Henry Plée nous parle du Karaté et surtout du Judo, dont Draeger présidait la délégation, lors des championnats de judo dans les années 1960, dans son livre « Chroniques martiales », qu’Henry  Plée a rencontré et hébergé.

A ma connaissance, Henry Plée a reçu des « Okuden », « secrets profonds des arts martiaux », uniquement transmis de manière orale. Il a obtenu le grade de ‘Hanshi’, des mains de Ogura sensei. Il avait donc un grand savoir dont il nous fait profiter dans ses ouvrages, qui, je le reconnais, sont majeurs, et resteront dans l’histoire des arts martiaux. Il met souvent en avant les ‘Kakuto Bugei’, dits arts martiaux véritables, de survie’, ces techniques de champs de bataille étant enseignées dans le cadre des Koryu.

Cependant, à aucun moment, il ne fait mention de l’obtention d’un ‘menkyo kaiden’ ou même d’un ‘gokui kaiden’, d’une Koryu . On peut se poser la question: soit il était membre ‘discret’, soit il a bénéficié de l’enseignement d »Okuden’, par Ogura sensei et d’autres ‘maîtres de l’ombre’, qu’il évoque dans ses livres. Je pencherais pour cette opinion, car Ogura sensei et et le Gembukan Tode Ryû font certainement partie des Kobujutsu, comme celui de Kochinda, membre de la Nihon Kobudo Kyokai. Donc, on peut en conclure qu’il s’agit bien d’un enseignement de Koryu dont a bénéficié Henry Plée sensei.

Quant à Donald Frederick Draeger, il est et restera, pour nous tous, les pratiquants d’arts martiaux, un précurseur, qui nous a montré la voie de l’authenticité et de la persévérance, à une époque où cela était moins facile de l’être (années 1960-70).

Chacun devrait pouvoir mettre son ego de côté pour laisser la tradition se diffuser.

Donc, cette question, à mon sens, n’a pas lieu d’être tranchée. Le seul critère important à retenir est l’authenticité et le degré de compréhension et de transmission qu’une Koryû peut produire et enseignée par l’intermédiaire de son soke. 

Steve, dans un post sur le site d’Arts martiaux ‘Gunyo Kogusoku’, a écrit ce qui suit : « il n’y a aucune Fédération de koryu. Il y a la Nihon Kobudo Shinkokai (société pour la promotion des arts martiaux classiques japonais), qui est la plus ancienne et il y a la Nihon Kobudo Kyokai (Association pour les arts martiaux classiques japonais). « Le Shinkokai fait la promotion  des koryu, en organisant des manifestations publiques plusieurs fois par an, dans des lieux comme le Centre sportif de Riverside, Asakusa en avril & le fameux Festival « Meiji Jingu Enbu » (figurant, en vidéo, en page d’accueil), près de Harajuku en novembre. Le Kyokai tient seulement une grande manifestation par an au Budokan de Tokyo, au mois de février. « L’adhésion d’un ryuha à l’une de ces associations est plutôt stricte. Cependant, la Nihon Kobudo Kyokai a les directives d’adhésion les plus strictes, pour une Koryu qui souhaite entrer dans l’association. Pour devenir membre, un ryu ou comme un individu, il est nécessaire de fournir la documentation de la lignée de l’individu, le ryu et, parfois, un certain nombre d’autres questions. Les deux groupes sont régis par un Conseil d’administration, composé de personnes généralement reconnues pour être des pratiquants chevronnés, des ‘maîtres’ et le Comité d’adhésion. Généralement la documentation est examinée, le plus ancien document est requis pour une vérification par le procédé du Carbone 14 (juste un petit morceau de tissu, pas le document entier) pour certifier son authenticité.

La rumeur habituelle qui court sur le Net est que, dans le courant de la fin des années 1960-début des années 1970, M. Hatsumi a souhaité adhéré et sa demande a été rejetée, étant donné que sensei Takamatsu avait transmis une copie des densho, et non l’original. Une autre version, c’est qu’il ne voulait pas que le densho soit abîmé par les scientifiques et les essais de carbone 14, donc il a retiré sa demande. Les rumeurs restent des rumeurs, mais vous ne pouvez jamais connaître la vérité, à moins que vous l’entendiez de la bouche des intéressés. Cela étant, M. Hatsumi lui-même a été interrogé par les membres de la Kyokai.

 Cependant, voici où les choses se compliquent: les ryu qui ont rejoint une de ces organisations ne sont pas tous légitimes, non plus que le fait pour les membres d’appartenir à un ryu membre d’une de ces associations. Certains ne veulent pas se joindre aux autres, ou s’associer avec d’« anciens ennemis » (certaines rivalités féodales sont toujours visibles entre certains ryuha), certains ne veulent pas être dérangés par la paperasse, et dans d’autres cas, c’est juste en raison du fait que la kyokai ou shinkokai ont déterminées que la personne ne convient pas, par exemple si le demandeur a été impliqué dans des activités peu recommandables, comme le crime organisé, le jeu, ou il pourrait être dû à une rivalité ancienne tout simplement.

« Un certain nombre de koryu de plutôt bonne qualité ne sont pas membres des deux organisations. La plupart du temps, c’est juste en raison du choix des soke. » Le Bujinkan n’est pas membre d’une organisation. Non plus que le Takenouchi Ryu Bichuden, par exemple. Concernant cette question, Chris Moon (dans le même post) ajoute ce qui suit :

« Il m’a été expliqué que certains Soke ne ressentent pas la nécessité d’être représenté par la shinkokai ou la  kyokai. » « Je vois deux autres très bonnes raisons: la paperasserie et la bureaucratie. Toute personne un peu familiarisée avec Ono sensei peut vous dire que ceux sont des briseurs de deal. Il est un peu trop occupé avec ses nombreux intérêts. Je suis sûr qu’il serait heureux de parler de sa récente exposition d’art et donner des conférences à Paris. Stephen mentionne certaines écoles juste parce qu’elles ne sentent pas la nécessité de faire ami-ami avec les ennemis du passé. La branche d’Araki Ryu d’Ellis Amdur me vient à l’esprit. »

Comme vous pouvez le voir, on ne peut considérer une école « illégitime » simplement parce qu’elle n’appartient pas à une de ces deux organisations.

Source: site: « bushinblog-books.com ». 

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