Les Budo japonais

Lorsque Jigoro Kano fonda le judo en 1882, il retira du jūjutsu de nombreuses techniques, qui étaient jugées dangereuses, amorçant le passage des bujutsu aux budo, les "gendai budo". Ainsi, dans le jūjutsu traditionnel, il existait des techniques de clés, de projections, d’étranglements, de frappes et des techniques de saisies spécifiques.

Le kanji bu désigne la guerre. Il est composé de deux parties signifiants “lance” et “arrêter”, et est donc souvent interprété par “arrêter la lance” (bien que nombre d’experts ne soient pas d’accord à ce sujet). Si le terme français « art martial » se comprend comme « art guerrier », le terme budō peut se comprendre originellement comme « la voie pour arrêter la lance » interrompre l’agression, donc un art de défense.

Les budō (武道) sont les arts martiaux japonais apparus entre le milieu du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle. Ce sont les héritiers des techniques guerrières médiévales. En japonais, bu () signifie la guerre et () la voie (en chinois : dao ou tao, cf. le taoïsme). Les budō les plus connus en Occident sont le karaté-do (wiki), le judo (wiki) (page de ce site sur le judo), l’aïkido et le kendo. Ce sont ceux que nous allons développer principalement, avec leurs multiples ramifications, avec les plus remarquables, à notre sens, étant parfois même, dépositaires de techniques ancestrales, issues des Bujtusu.

 Certains historiens pensent que les techniques guerrières (bujutsu), les arts de la guerre (bugei) développés durant le Moyen Âge japonais se sont transformées à la suite de trois phénomènes :

- l’arrivée des armes à feu, rendant caduques un certain nombre de conceptions de la guerre ; les armes à feu (teppō) sont arrivées vers la fin du XIVe siècle de Chine mais leur utilisation est restée très limitée (essentiellement utilisées par les clans Hōjō et Takeda) ; ce sont les Portugais, arrivés au milieu du XVIe siècle, qui vont répandre les fusils, de bien meilleure qualité.

- deux siècles de paix interne de l’ère Edo (1600–1868), durant lesquels les techniques guerrières se détournent du combat de masse et évoluent vers le raffinement et les duels ; les guerriers (bushi) deviennent des fonctionnaires (samouraïs) ;

- l’ère Meiji (à partir de 1868), qui vit la disparition du système féodal, et notamment de la caste des guerriers (samouraïs).

À partir du milieu du XIXe siècle, certaines personnes (notamment Jigoro Kano, Morihei Ueshiba et Gichin Funakoshi) prennent conscience que, loin d’être devenues inutiles, les techniques guerrières avaient encore un rôle éducatif et de promotion internationale. C’est ainsi que les jutsu (, techniques) sont devenus des (, voies) : le kenjutsu (escrime) laissa sa place au kendo, le jujutsu (techniques de souplesse) donna naissance au judo et à l’aïkido, le kyujutsu donna naissance au kyūdō (tir à l’arc), (le karaté fut introduit dans les années 1920 en provenance d’Okinawa et ne fut reconnu comme budō que quelques années plus tard).

Les anciens bujutsu sont parfois nommés koryū, « ancienne école », tandis que les arts martiaux modernes sont qualifiés de 'gendai budō'.

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