L’Ecole Yagyu Shingan Ryu Katchu Heihô

Le Yagyū Shingan-ryū ( 柳生心眼流 ) est une école traditionnelle (koryū) d’arts martiaux japonais. Différents styles du Yagyū Shingan-ryū sont apparus. Comme le Heihojutsu et le Taijutsu, se réfèrent à différents fondateurs, Hayato Takenaga et Mataemon Araki respectivement, ils remontent tous à Tatewaki Ushū (羽州 帯刀 (Ushū Tatewaki), connu dans certains parchemins historiques sous le nom de Shindō Tatewaki, qui enseigna un système basé sur les tactiques du champ de bataille de la période Sengoku, appelé Shindō-ryū.

: Shimazu Kenji Sensei

Le mot « shingan » ( 心眼 ) s’inscrit dans le cadre de la philosophie zen, et fut choisi afin de décrire un concept fondamental du style. Shingan peut faire référence à l’« œil de l’esprit » ou « œil du cœur », et à la capacité de sentir ou de lire les intentions de son adversaire par un sens interne. À l’origine appelé simplement Shingan-ryū, l’école fut plus tard renommée Yagyū Shingan-ryū en raison de l’influence du Yagyū Shinkage-ryū de Yagyu Tajima No Kami Munenori.

Le Yagyū Shingan-ryū fut créé, afin d’être un art du champ de bataille, avec une large étude des armes et techniques de saisies, pouvant être utilisées avec ou sans port d’armures. Les techniques du Yagyū Shingan-ryū furent néanmoins conçues pour éliminer un ennemi rapidement et sans effort. Dans les premiers temps, les écoles Yagyū Shingan et Shinkage étaient similaires, considérées toutes deux comme une matrice des techniques martiales avec ou sans armes. Cependant, les deux écoles évoluant, le Yagyū Shinkage-ryū se concentrant dans un premier temps sur l’escrime au sabre (kenjutsu), alors que le Yagyū Shingan-ryū maintint un système de combat global, comprenant le jujutsu, le bâton moyen (bōjutsu), le combat à la lance à lame courbe (naginatajutsu), les techniques de dégainage (iaijutsu) et le combat au sabre (kenjutsu).

L’école Yagyu Shingan (柳 生心) est très hiérarchisée (voir le site de Philippe Barthélémy, représentant officiel de Soke Kenji Shimazu, et Me Tomio Aizawa, sur la question). En effet certaines techniques étaient enseignées aux Bushi ( 武士: guerriers). Les mêmes techniques pouvaient être enseignées aux Samouraï ( 侍 ) mais à un degré supérieur de façon à ce que le Samouraï puisse se défendre au cas où le Bushi l’attaquerait.
Il en est de même pour le Ninja ( 忍者 ). Le Ninja est initié à des techniques supérieures à celles du Samouraï. Ainsi, il peut mettre ceux-ci hors d’état de nuire et mener à bien ses missions de renseignements sans être gêné par ceux-ci.

Enfin, seuls les gardes du Seigneur local ont accès à toutes les techniques, et celles-ci doivent impérativement restées secrètes, car la vie de de ce Seigneur doit toujours être préservée quoiqu’il arrive . Il semblerait qu'à l'origine, le Shingan Ryû était enseigné aux gardes pour protéger un seigneur local, régional. Il est bien évident que le Yagyu Shingan a évolué dans le temps, et s'est scindé en plusieurs branches.

Nous ne décrirons pas toutes les autres branches de cette Ecole, car ce serait trop long. Je renvoie les internautes à l'excellent site de Shihan Guy Buyens: koryu.com, au site encyclopédique "Bugei Ryuha Daijiten", et la page précédente de ce site.

L’une des particularités de l’entraînement à Yagyu Shingan est qu’au début, on s’y entraîne souvent seul, contrairement aux autres Arts Martiaux japonais, où l’on s’entraîne souvent avec un partenaire. On y pratique les kuhu den (kihon : répétitions 基本) et les kajô (kata : système, forme 型).

Les katas de base sont au nombre de sept.
Il en existe trois niveaux différents, soit vingt et une formes.
Ces vingt et un kajo doivent être pratiqués pendant au moins un an, avant d’être maîtrisés (en pratiquant tous les jours).
Leur connaissance mènent au degré Kiri (extraits du site de Philippe Barthélémy).

: démonstration de kenjutsu avec Shimazu Sensei.

 A ces vingt et un principes s’en ajoutent sept autres, soit vingt-huit au total : c’est le niveau Mokuroku, sur lequel on greffe les déplacements (taï sabaki).
Evidemment, il existe de multiples variations sur ces vingt-huit katas.

Puis l’on aborde le Kachu kogusoku, dans lequel on trouve « Katchuden », qui contient « Hanare jirushi », où l’on pratique les armes :
le sabre qui ouvre la porte à différentes variations : jutte, bâton, etc; les techniques « noden » où l’on réduit sa taille dans le but de disparaître ou de saisir les jambes de l’adversaire.
Kaïden : les premiers principes consistent à atteindre le dos de l’adversaire, et à se défendre contre les étranglements.

Kappoden (活 法 伝) : principes qui redonnent la vie.

Soden : principes qui donnent la mort (seppô, sappô: 殺法) sans possibilité de retour.
Exemple : briser la pomme d’adam provoque une issue fatale par étranglement aérien sans possibilité pour quiconque de lever cet étranglement.

Voici les principales techniques enseignées (issues des Bugei Juhappan*, ndla):

  • Yawara: Combat au corps-à-corps avec ou sans armure;

  • Kenjutsu: Escrime au sabre;

  • Battōjutsu: Technique de dégainé et coupe au sabre;

  • Bōjutsu: Technique du bâton moyen;

  • Naginatajutsu: Technique de la lance courbe;

  • Sōjutsu: Technique de la lance.

  • Torite (torinawajutsu, ndla): Arrestations et captures: immobilisations;

  • Kappo: Soins et réanimation.

 Références:

  • (en) Yagyu Shingan Ryu Australia.

  • (en) Arakido, Yagyu shingan-ryu taijutsu.

  • (en) Yagyu shingan Ryu Heihojutsu Northern Europe.

  • (en) CERN Martial Arts Club.

  • (fr) YagyuShingan.com.

  • (en) Yagyu Shingan Ryu Germany.

Source: Yagyu Shingan.com, Philippe Barthélémy; Wikipédia: article "Yagyu Shingan Ryu".

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