Le Style Naha-Te

Le Naha-te (« main de Naha ») est le nom de l’un des deux styles majeurs de karaté d’Okinawa. Il est également désigné par le nom générique de shōrei-ryū. Il s’est développé depuis le XVIe siècle à Naha (capitale actuelle d’Okinawa), et a donné naissance au gōjū-ryū et à l’uechi-ryū.

Au cours du XIXème siècle, l’Okinawa Te (main d’Okinawa, art de combat à main nue d’Okinawa) se répartissait en trois branches : Naha Te, Shuri Te et Tomari Te, ainsi nommées par leur lieu d’origine sur l’ile d’Okinawa.
Ces trois localités étaient si proches les unes des autres que Tomari et Shuri sont aujourd’hui les faubourgs de Naha, Préfecture d’Okinawa.
D’autre part, Shuri Te et Tomari Te étaient si semblables que peu à peu la distinction entre les deux styles s’atténua.
L’autre appellation de Shuri Te était Shorin ryu et celle de Naha Te, Shorei ryu.
Techniquement, le Naha Te ou Shorei ryu se rattache aux styles du sud de la Chine : postures stables et puissantes, coups de pieds bas, respiration ventrale sonore, etc….).

 

: démonstration du kata Seipai.

Le Shorin ryu est apparenté aux styles du nord de la Chine. Il est en quelque sorte l’ancètre du Shotokan ryu qui se développera plus tard sous l’autorité du maître Funakoshi Gichin hors d’Okinawa sur l’île principale du Japon. ;
Du Shorei ryu ou Naha Te va découler le Goju ryu, voici comment.
La première version du Naha Te a été inspiré par Ason, un expert chinois de Kumemura puis fut transmise par Sakiyama, mais s’est éteinte avec Tomigusuku.
Le Naha Te reprendra vie avec celui qui allait devenir un des maîtres de karate les plus reconnus et importants de son époque, Higaonna Kanryo.
Celui-ci étudia dans sa jeunesse le Shuri Te sous la direction d’un très grand maître Matsumura Sokon décédé en 1896. Il connaissait donc les bases de ce style qui donnera plus tard, naissance au Shotokan ryu.
Il commencera ensuite l’étude du Naha Te ou Shorei ryu, sous l’autorité du maître Waichingzan. Ceci, toujours à Okinawa.
En 1870, à l’age de vingt cinq ans, Higaonna Kanryo travaille pour un négociant chinois en thé. Lors d’un voyage en Chine, dans la province du Fukien, celui-ci lui présentera maître Woo Lu Chin.
Le maître chinois acceptera Higaonna comme élève et lui fera étudier divers styles de Wu shu (boxes chinoises: Chuan Fa) (styles du printemps radieux, de la mante religieuse du sud, de la grue blanche,…..) ainsi que la Tai chi chuan.
Tout l’aspect énergétique du travail développé par Higaonna dans le Naha Te, par la suite, notamment les kata à respirations ventrale sonore, semble provenir de cet enseignement direct inspiré du Chi kung chinois.
Higaonna restera en Chine auprès de Woo Lun Chin pendant dix sept ans.
Il rentre à Okinawa en 1887 et commence à dispenser son enseignement à Naha. Il adopte pour son école le nom de Naha Te déjà employé par son ancien maître okinawaien.
Parmi les élèves directs de Higaonna Kanryo on trouve Miyagi Chojun et Kyoda Juhatsu, dont les écoles respectives arriveront jusqu’à nous Goju ryu et Toon ryu.
Nous sommes là aux origines de ces styles de karate.

Miyagi fut l’un des très grands maîtres d’Okinawa. Né d’origine noble en 1888 à Naha (préfecture d’Okinawa), il découvre le kenpô des ryu kyu sous la tutelle de Aragaki Ryûko en 1899. En 1902, celui-ci le présente à Higaonna Kanryo.

Quelques années plus tard, comme son maître l’a fait avant lui, il se rend en Chine aux sources de son art. Ce voyage eut probablement lieu entre 1904 et 1908. De retour à Okinawa, de 1909 à 1911, il est à l’armée.
En 1915, Miyagi retourne en Chine pendant deux ans, accompagné de Gô Kenki, d’origine chinoise, expert du style chinois Pai-Hao-K’iuan (boxe du héron blanc, en japonais : Hakutsuru ken). Il est dit que l’influence de ce dernier sur l’élaboration du Goju ryu ne fut pas négligeable. Ensemble, ils vont pratiquer avec les successeurs de Woo Lun Chin (maître de Higaonna Kanryo).
De retour de Chine, en 1917, suite au décès de Higaonna survenu en 1916, Miyagi prend la succession officielle de celui-ci. Il commence à effectuer la synthèse des différents enseignements qu’il a reçus.
Il codifie le kata sanchin qu’il fera pratiquer les poings fermés alors qu’à l’origine il se pratiquait mains ouvertes et y adaptera une forme respiratoire Ibuki (respiration forcée) servant à renforcer le corps. (dans l’école Uechi ryu, par exemple, une autre approche du kata sanchin existe, il est pratiqué mains ouvertes et avec une respiration naturelle). Il crée également de nouveau kata, tout d’abord tensho issu de sanchin et de la forme rokkishu qu lui avait transmis son ami Gô Kenki, puis plus tard, il créera en 1940 les kata gekisai dai ichi et gekisai dai ni.
En 1921, Miyagi effectue une démonstration devant l’empereur Hirohito de passage à Okinawa. En 1926 il fonde une association, la Okinawa-karate-jutsu-kenkyu-kai avec d’autres maîtres okinawaiens, dont Mabuni Kenwa fondateur du style Shito ryu.
En 1926ou 1927, Kano Jigoro, fondateur du Judo se rend à Okinawa pour y effectuer une démonstration. Lors de cet évènement, Miyagi effectue également une démonstration de son art puis une seconde en privé à la demande de Kano. Miyagi lui démontre alors les techniques de saisies, luxations et projections du Goju ryu.

En 1928, Miyagi est invité à Kyôto pour participer à une démonstration organisée par le Dai-Nihon-Butoku-Kai, organisme créé en 1895 pour le maintien et le développement des arts martiaux traditionnels japonais.
Ne pouvant s’y rendre, il délègue alors un de ses meilleurs disciples Shinzato Jin’an. Ce dernier mourra en 1945 lors de la bataille d’Okinawa. A Kyôto, interrogé sur le nom de son style, nom qui n’existait pas encore, il improvisa et répondit : Han-Kô-Ryu (école mi-dure). De retour à Okinawa, ce nom fut approuvé par Miyagi qui en 1929 adopte définiti-vement le terme Gôjû ryû (école dure et souple).
En 1932, Miyagi se rend dans plusieurs villes du Japon dont Tokyo où il rencontre Yamaguchi Gôgen qui deviendra par la suite le chef de file de la branche japonaise du Goju ryu et popularisera ce style à travers son organisation internationale.
En 1934, Miyagi se rend sur invitation à Hawai où il enseignera son style jusqu’en 1935.
En 1936, il effectue un nouveau voyage en chine. En 1937, il obtient du Butoku-kai le titre de Kyoshi. Il est le premier maître de karate à obtenir ce grade de la part du Butoku-kai.
En 1952, il fonde l’association Gôjû-ryû-Shinko-Kai, en collaboration avec quelques uns de ses élèves dont Higa Seiko, Yagi Meitoku, Togushi Seikichi et Miyazato Eichi.
Il meurt l’année suivante après avoir fait du Goju ryu un des styles majeurs du karate okinawaien.

Sources: wikipédia, article, Naha-Te; et le site web ‘karatecachan.fr’ sur l’historique du Naha-Te.

<— Page Précédente   |   Haut   |   Page Suivante —>