Le Monastère du Mont WuDang, Boxes internes

Neijia: les boxes internes

Il existe très peu de documentation sur les boxes pratiquées au Mont WuDang, dû sans doute, à la teneur de leurs enseignements, maintenues sous le sceau du secret et de l’initiation, pour être protégées, et ne pas tomber entre de mauvaises mains, ce qui pourrait provoquer de graves dommages.

La boxe Wudang est un courant opposé à la boxe Shaolin, le Wudang quan. C’est seulement à la fin du siècle dernier que le Taï ji quan (tai chi chuan), le Ba Gua Zhang et le Xing yi Quan se rassemblèrent pour devenir la locomotive du courant interne, le Neijia quan.

La légende veut que ce soit le taoïste Zhang Sanfeng qui soit le fondateur légendaire de ce courant au XIIIème siècle.

: Zhang Sanfeng, fondateur du courant des Boxes internes du Monastère du Mont Wudang.

: Une partie du Monastère escarpé du Mont Wudang. On se remémorera l’excellent film, sensible et intelligent « Tigre et Dragon » (sur les boxes internes et la condition de chevalier dans l’ancienne Chine), où l’on voit à la fin, ses flancs escarpés, relativement bien rendus.

Il réunirait selon un recensement récent les méthodes à mains nues suivantes:
1 – le Taiji quan « Wudang Zhaobao sanheyi  » de Liu Huisi;
2- le style Hao de Taiji quan « Wudang Zhaobao » de Liu Rui;
3- le style Wu de Wu Yuxiang de Taiji quan;
4- le style Sun de Taiji quan;
5- le Wudang Taiyi wuxing quan (Cinq éléments du Suprême Un) de Jin Zitao;
6- le Wudan Shunyang quan (Yang pur) de Wang Zhaohui;
7- le Wudang Taiyi shenjian men (école de l’Épée Divine du Suprême un) quangong;
8- le Taihe quan (Grande Concorde) de Zhou Zhongming;

9- le Wudang Hengshan pai (école du mont Heng) Wushu de Zhang Kaiwen;

10- le shuishang Taiji quan (forme de Taiji quan se pratiquant dans l’eau!);
1 1- le Xingyi quan;
12- le Liulu (six séries) quan;
13- le Wudang Qiankun men (école Ciel et Terre) de Wang Shuzhang;
14- le style Zhang de Taiji quan de Wan Laisheng;
15′ le style Zhaobao de Taijiquan;
16- les « cent huit mains » du Wudang qinna (saisies et luxations);
17- les « cinq poings » du style Yang de Taiji quan;
18- les techniques de poing des styles Sun et Wu de Taiji quan;
19- le Wudang shengong (OEuvre divine) Taiji quan de Wang Baoren;
20- le Wudang Longmen pai (courant Longmen) xinyi men (école du Coeur et de la Pensée);
21- le Wudang Taihe quan de Li Yongguang;
22- le Yunfang Taiji quan (Taiji quan taoïste);
23- le Ba zhi (forme basée sur le combat au sol);
24- Yingxian quan le (Immortel caché)
25- le Lubu meihua zhuang (le Pas du cerf des piliers de la fleur de prunier)
26- le Wudang Songxi liubu quan (la boxe des six pas de Songxi);
27- les Sanshiliu Yin Yang Shou (les trente-six mains Yin-Yang);
28- le Wudang Wuxing quan (boxe des Cinq éléments);
29- le Wudun Yin Yang Bagua zhang (cinq esquives Yin-Yang de la paume des Huit trigrammes);
30- le Hunyuan zhang (paume du Chaos originel);
31- le Wudang tiezhang gong (accomplissement de la paume de fer);
32- le Sanhuizhuan (trois rotations);
33- le Bagua zhang;
34- le Bagua lianhuan zhang (paumes enchaînées des Huit trigrammes);
35- le Wudang ziran Sanfeng pai (courant naturel de Sanfeng) Bagua zhang.

Comme l’indique cette longue énumération, le courant moderne de la boxe Wudang est hétéroclite et composé en grande partie de pratiques issues des boxes Taiji, Xingyi et Bagua.

Le Tai Chi Chuan: la boxe du Faîte ultime:

Taijiquan s’écrit aussi Taiji Quan ; Tai Chi Chuan ; Taidji Kuen ; T’ai-Ki k’iuan
Ce sont les mêmes caractères chinois mais les transcriptions varient.
Dans tous les cas, il s’agit bien du même art.

Le plus connu concerne le Taiijiquan: (Tai Chi Chuan ou Taichi), ou « Poing du Grand Faîte » qui représente de multiples styles, écoles, tendances anciennement liés à des « Clans »: Yang; Chen; Wu ; Li ; Hao.
Et ceci dans des formes anciennes, secrêtes, originelles, modernes, simplifiées, traditionnelles, sportives, artistiques.
Chacune ayant sa particularité.
On disait jadis que le Taijiquan était l’Art des Mandarins littéraires.
Les occidentaux l’ont parfois nommé « Boxe des ombres » ; « Danse des Ondes » ; « Gymnastique chinoise » ; « Boxe Lente ».

Le Xing Yi Quan:

Point de l’Unité de l’Intention et de la Forme.

Entre dans cette catégorie, les 2 styles suivants:

  • San Yiquan – Le poing des Trois-Un – Poing des Trois Harmonies;

  • Xingyiquan – Le poing de l’Intention prenant Forme.


Le San Yiquan:

« San c’est Trois Un c’est l’Unité et Quan c’est le Poing;
San Yi c’est l’essence de Trois styles Externes et d’Un style Interne;
San Yi c’est les « Trois-Un » du chapitre XIV du Daodejing de Laozi;
San Yi c’est l’Unité pour la Terre l’Intention pour l’Etre Humain et la Mutation pour le Ciel mais c’est aussi l’Equité, la Nutrition, l’Art de Santé ;
San Yi c’est aussi San Jiao He Yi « Les Trois Enseignements sont Un » de Wang Yang Ming et du Xin Xue. »

Le second courant est représenté par le Xingyiquan (Hsing I Chuan)
ou « Poing de l’Intention prenant Forme » qui lui-même se sépare en trois branches principales : la branche ancienne ou « orthodoxe » (Laojia) ; la branche « évolutive » (Ziran ou Tseujan) et la branche de synthèse.

La branche évolutive (Ziran ou Tseujan)
Initiée par Li Lao Neng, a ensuite donné naissance à tout un groupe d’écoles dont Guo Yun Shen fut le chef de file incontesté et Wang Xiangzhai le réformateur.
Georges Charles au sein de l’Ecole San Yiquan, Poing des Trois Harmonies, transmet cette filiation depuis 1974.

Pourquoi « évolutive » ?
Parce qu’on traduit généralement Ziran (ou Tseujan) par « spontané » sans se poser la moindre question.
Or, depuis Laozi puis Pasteur on sait que le « spontané » vient de nulle part pour aboutir à rien ou du moins à pas grans chose.
Les épithètes « naturels » ou « conformes à la nature » ne conviennent pas mieux.
La vie est simplement ce qui évolue.
Changement, transformation, évolution c’est le Yijing.
Et évoluer c’est être évolutif.

Elle s’établit comme suit:

Li Neng Jan (Li Laoneng) (1807 1888) (Yiquan)
Guo Yunshen (Kuo Yin Shen ou Fo Jun Sha) (1820 1901) )(Wuxingquan)
Wang Xiangzhai (Wang Hsiang Chai ou Wang Yu Seng) (1885 1963) (Dachengquan puis Yiquan à partir de 1949)
Wang Zemin (Wang Tse Ming ou Tai Ming Wong) (1909 2002)(Liananquan)
Georges Charles (Cha Li Shi) (San Yiquan).

C’est à cette branche particulière qu’appartiennent le Yiquan (Yi Chuan ou I Chuan), le Dachengquan (Ta Tcheng Chuan), le Taikiken et le Sanyiquan (San Yi Chuan) représenté par Sifu Georges Charles.

Le Xingyiquan était jadis considéré comme étant l’Art des Mandarins militaires et des médecins puisqu’il utilise les « Cinq Eléments » qui sont directement mis en rapport avec les mouvements organiques.

Et la tradition demeure dans la pratique très classique de cet art chevaleresque.

 Le Xingyiquan comporte, aussi, la pratique des Armes de l’Ancienne Chine.

 La pratique du Xingyiquan ou Hsing I Chuan demeure, en Chine, toujours à la fois très populaire et très traditionnelle voire très classique.
Le Shifu est toujours très respecté.

Le Xingyiquan se pratique dans les parcs, jusqu’à un certain âge.

Xingyiquan : des postures et des formes très caractéristiques.
Elles sont liées aux « Cinq Eléments » de l’énergétique chinoise.

Le Xingyiquan c’est principalement le « Poing des Cinq Eléments » donc à la fois art de combat et pratique de santé et de bien-être.
De Xingyiquan à San Yiquan: Du « Poing de l’Intention prenant forme » au « Poing des Trois Unités », « San Jiao He Yi » : Les TROIS enseignements sont UN.

De Yue Fei à l’Ecole San Yiquan, une tradition ininterrompue.
le Xingyiquan ou Poing de l’Intention prenant forme (article).

« San Yiquan est la branche,
Xingyiquan est le tronc,
La pratique est l’arbre,
La tradition les racines,
La fraternité (Yishi) est le noyau. »

LE BAGUAZHANG:
(La Paume des Huit Trigrammes)

 Le Baguazhang ou Pa Kua Tchang « Paume des Huit Trigrammes » est le plus ésotérique des Arts Internes.

 Le troisième courant, le plus ésotérique, est représenté par le Baguazhang: (Pa Koua Tchang) ou « Paume des Huit Trigrammes ».
Il en existe, également, de multiples tendances.
Il est basé sur la reproduction corporelle des « Huit Figures » du Yijing (Yi King) ou « Livre des Mutations ».

C’est de la philosophie en mouvement.Mais une philosophie très opérative et très efficace.
C’était, jadis, l’Art destiné aux Mandarins mathématiciens et astronomes.
Le Maître Ueshiba, fondateur de l’Aïkido, étudia cet art en Chine sous le nom de Wang Shou Kao.

Pour en savoir plus sur le Maître Ueshiba en Mandchourie: cliquer ici.

Sources: le site: http://www.kungfuparis.com/Wudang-%26-Shaolin-Interne-%26-externe, et Sifu Georges Charles, et son site Tao-Yin.fr.

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