Le “Kappo”: l’art du soin, de la réanimation et du reboutage traditionnels

Comme nous l’avons dit au début du site, notre référence sera le prodigieux livre de Me Henry Plée, « L’Art Sublime et ultime des points de vie » (cf. sa biographie à la rubrique des « Personnalités martiales remarquables »). 

: L'Art sublime et ultime des Points de vie, de sensei Henry Plée.

Selon la distinction de Sensei Plée, il existe 4 grandes catégories de techniques utilisant les points de vie, les « Katsu », ou réanimation, le « Seifuku », ou reboutage (re-bout-ter, remettre les bouts ensemble), le « Ki-ai Geiko », exercices au cri de vie et de neutralisation, et enfin, le « Fukushiki-Kokyû », ou exercices de respiration abdominale profonde martiale.

Le Kappô (活 法 Kappo , « Les techniques de réanimation« ) sont des techniques qui impliquent souvent la stimulation de points d’acupuncture spécifiques et de guérison. Le Kappo est couramment utilisé dans les arts martiaux tels que le Judo (dans les Dojos traditionnels), et dans l’Ecole Danzan RyuKappô est une contraction des deux mots japonais Katsu (réanimationet Ho (méthode).


Plus précisément, le Kappô désigne les techniques de réanimation utilisées pour ranimer quelqu’un qui a été étouffé au point d’inconsciencepour diminuer une douleur à l’ainepour aider à débloquer un diaphragme thoracique saisi,pour arrêter un saignement de nezet d’autres commune blessures de formationCes techniquestelle que pratiquées par les arts martiaux du Judo et Danzan Ryupeuvent impliquer l’accupression de points spécifiques sur le corpsla manipulation manuelle du triangle carotide pour ouvrir les artères ferméesou manuellement l’ouverture et la fermeture des poumons pour permettre à l’air de circuler vers l’extérieur et l’intérieur . La manipulation de la respiration, qui a quelques similitudes avec la respiration artificielle et la RCRest appelé Katsu
Une tradition dans certaines écoles de judo implique l’enseignement à tous les nouveaux ceintures noireskappo shodanCette instruction est suivie d’une séance où chacun des shodan opère une technique d’étranglement sur un partenaire; celles-ci sont également pratiquées sur eux-mêmesle but étant de ranimer quelqu’un en utilisant les techniques de Kappô.

Les Kuatsu:

Le kuatsu est un méthode de réanimation d’origine japonaise, utilisée notamment en cas de syncope (cf. technique de 'Shime waza', page du 'Lexique'), mais aussi lors de traumatisme moins grave comme les saignements de nez. Si les kuatsu furent longtemps enseignés au Japon puis en France au sein des cercles d’arts martiaux, son apprentissage est aujourd’hui beaucoup plus anecdotique.

Les méthodes de réanimation, basées soit sur la percussion ou le massage de points spéciaux, soit sur le kiai, remontent à une très haute antiquité. Il faut rechercher leur origine vers le XXXe siècle av. J.-C. en Chine, et très vraisemblablement les rattacher aux premiers pas de l’acupuncture (page wiki).

L’introduction des méthodes chinoises au Japon fut beaucoup plus tardive ; elle coïncide avec le début des sciences, des arts et de la littérature dans ce pays, vers le VIe siècle ap. J.-C., c’est-à-dire à l’époque où les empereurs japonaisenvoyèrent en Chine de véritables missions d’études, en vue de se familiariser sérieusement avec l’authentique civilisation chinoise.

Adoptées par les Japonais, ces méthodes furent nettement séparées de toute autre discipline et devinrent une étude à part : l’art du kuatsu ou kappo groupant une centaine de méthodes différentes de valeur inégales.

L’étonnante imprécision des dessins anciens ou récents retrouvés paraît avoir deux causes profondes : d’une part, l’empirisme du système qui s’apparente plus à la connaissance qu’à la science, d’autre part la volonté de recouvrir d’un voile les principes essentiels et les détails trop précis.

Ainsi la transmission de ces secrets était faite par l’enseignement oral, de façon à éviter la vulgarisation d’une technique qui était pour ses possesseurs un moyen de prévention contre les utilisateurs malveillants (le choix d'un élève particulier ou futur 'Soke'*,est toujours 'lourd' de conséquences), de contrôle et de suprématie sur le commun. Le monopole était presque exclusivement conservé par la caste des samuraïs et des bushis en général (cf.page de ce site: samurais) (page wiki).

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