Le Kali philippin

 Principalement utilisé aux États-Unis et en Europe (beaucoup moins aux Philippines), il est parfois complètement inconnu de certains pratiquants. Toutefois, du fait de la popularité du terme en dehors des Philippines et de l’influence de certains pratiquants étrangers, celui-ci est désormais communément accepté au même titre qu’Arnis et Eskrima.
L’origine de ce terme, apparu seulement dans les années 1960, demeure pourtant plus floue que les deux autres :
– Il pourrait provenir des mots Cebuano « ka »mot désignant les mains (ou le corps suivant le contexte) et « li »hok traduisible par mouvement.
– De nombreux termes martiaux proches (kalirongan, kalibanga, kaliradman, pagkalikali) pourraient avoir évolué vers la dénomination kali. Un des exemples de ce type est le terme tjakalele désignant un style indonésien d’escrime au bâton et dont le nom aurait été repris aux États-Unis par certains pratiquants pour se distinguer des autres escrimador.
Eskrima et Arnis étant dérivés de mots espagnols, la préférence pour le mot kali peut être vue comme une volonté de retrouver une désignation plus philippine, plus authentique alors que le terme originel a disparu.

Du fait de ces différentes influences, la langue d’enseignement est traditionnellement constituée d’espagnol et de tagalog (langue autochtone des philippines), les pratiquants pouvant être désignés par les termes arnisador, escrimador, kalista ou bien encore mangali.

Parmi les différents styles de Kali, nous prendrons l’exemple du « Kali Sikaran »:

Le Kali Sikaran est un art martial philippin. L’art du Kali a ses racines dans l’ancienne histoire philippine, antérieur à l’Empire Majapahit, qui a dominé l’Asie du Sud-Est, au cours des Vème et VIème siècles. L’art a été utilisé contre les Espagnols dans leurs tentatives de conquête des îles. Le célèbre Ferdinand Magellan a été vaincu par le héros national Lapu Lapu, qui était un ancêtre des arts d’aujourd’hui.

Le Kali Sikaran a été influencé par l’histoire de l’Empire Majapahit. Le Majapahit était un empire (1293-1500) où le taureau était le symbole de l’Empire. Le taureau lui-même était le symbole du pouvoir. Le cercle au-dessus de la tête du taureau était le symbole de la force spirituelle. L’armée Majapahit était composé de certains des meilleurs guerriers de l’Asie du Sud-Est. Tous sont venus avec leurs propres styles. Filipino Kali pour les Philippins, le Muay Thai et Krabi Krabong pour les Thaïlandais, Penchak Silat pour les Indonésiens et Malaisiens. L’Empire Majapahit a permis l’unification des styles de Kali.

Les concepts de formation du Kali Sikaran lui sont propres. Ils sont basés sur le Panantukan (Filipino boxe), Sikaran (Kick Boxing Filipino), stickfighting (combat au bâton), Daga (combat au couteau, dague, lames de différentes longueurs), Kadena De Mano (le combat rapproché), Silat Kuntao (Filipino Penchak Silat, sachant que le Kuntao est basé sur le boxes chinoises, importées par les commerçants chinois au IXè siècle ) et Dumog (Grappling). Ces concepts s’unissent dans un système de combat complet et efficace. Le pratiquant de Kali Sikaran est formé pour être en mesure de s’adapter à toutes les situations.
L’occupation espagnole a duré plus de 400 ans et a beaucoup influencé l’art. Le Kali est également connu sous des noms tels que Eskrima ou Arnis. En raison de tous les différents dialectes, il y a beaucoup de noms différents. Le Sikaran est influencé par le concept des anciens gardes du corps du Royaume du Majapahit.

Ils étaient parmi les meilleurs combattants de l’Asie du Sud-Est, que ce soit en Thaiboxing, Pentjac Silat ou Kali, parmi beaucoup d’autres arts, inclus dans le système.

Dans le Sikaran, on transpose les principes du combat avec arme au combat à mains nues. Par conséquent, le Kali a de nombreuses similitudes avec d’autres arts martiaux, notamment le Silat et le Kuntao. De plus, le développement du Kali aux Philippines a été aussi beaucoup influencé par la conquête espagnole, qui a interdit, pendant une longue période, le port d’armes pour les habitants, car les rebelles philippins s’en servaient pour tuer des soldats occupants espagnols.

Cela a conduit au développement du combat au bâton et aux lames, forgés dans le secret.

Le Kali Sikaran est membre et l’un des styles principaux de la IKAEF, Kali Arnis internationale et Fédération Eskrima. Le Kali Sikaran a des membres, des clubs et des organisations dans plus de 20 pays.
Toute amélioration dans un aspect du système permet d’accélérer le changement et d’améliorer immédiatement un autre. Dans une combinaison à mains nues et avec armes, le pratiquant va développer la vitesse, la coordination, l’endurance, la force et les réflexes, qui sous-tendent les compétences d’autodéfense et de combat.

Le Panantukan est la boxe philippine qui a une structure de base similaire à la boxe occidentale et Muay Thai, mais avec des caractéristiques distinctes. Le ciblage, la destructions des membres, crever l’oeil, les coups de tête, les coups de pied bas, pousser, tirer et saisir font partie du Panantukan, qui en fait un art martial spécial et une forme efficace de boxe de rue.

L’utilisation de coudes, le Gunting*, et le contrôle des bras de l’adversaire sont également des caractéristiques communes du Panantukan. Les techniques sont pratiquées avec ou sans gants. Quelle est sa relation avec le Kali Sikaran?
Le Sikaran est un art du coup de pied philippin. Le Sikaran ajoute au système Panantukan quelques techniques de main supplémentaires, et met davantage l’accent sur les coups de pied techniques. Le Sikaran est reconnu par ses mouvements, au cours desquels le combattant est formé au ciblage et au contrôle de la distance. Cela donne au pratiquant la possibilité d’utiliser un large éventail de techniques coups de pied: coups aux pieds (sipa), au menton, coups de pied dans les jambes, style thaï, et les techniques de genou. L’idée est de toucher sans être touché.

Le Bâton de combat (espada): Les bâtons (ou machettes) des arts martiaux philippins sont bien connus par les artistes martiaux. La formation est réalisée avec un ou deux bâtons. Cette formation est importante dans le développement des compétences à main nue. Tout développement dans la formation du bâton conduit à une amélioration immédiate des aspects à mains nues du Kali Sikaran. La formation au bâton améliore la pratique des mouvements, le ciblage, la coordination et la fluidité des techniques. Les techniques qui sont enseignées sont: les attaques, le blocage et la défense, le désarmement, les verrous articulaires.

: exemple de drill, exercice d' »espada y daga », bâtons et couteaux.

La Daga est le système de combat au couteau du Kali Sikaran. La défense au couteau est une spécialité connue des arts philippins. Les techniques de combat au couteau philippin ont influencé nombre d’unités militaires et de police, partout dans le monde.

Voici une vidéo d’adaptation du système de combat philippin au couteau (Kali, Arnis, Eskrima) pour les unités tactiques d’intervention, démontrée par Shihan Dean Rotohar, membre du Bujinkan, vétéran des forces spéciales et fondateur du SPECWOG, système d’entraînement pour ces unités, accompagné par Shihan Kugyo Harry Mitrou, membre des forces spéciales.

Avant de commencer la formation aux arts de la lame Kali Sikaran, on devra d’abord passer par le programme de base, pour apprendre l’importance de la sécurité, lorsqu’on se sert et combat au couteau, et aussi apprendre la théorie et les différentes tactiques. Le programme « Knife Basic » (Kali Sikaran) est un concept utilisé par plusieurs unités de polices et militaires à travers l’Europe.
Le Kadena De Mano est la technique de combat de Kali Sikaran, qui permet d’en finir au plus vite avec l’adversaire. Coups courts, rapides avec la main, coudes, etc., frappe simultanée / blocage, des combinaisons de saisies et des réaction fluides avancées apparaissent dans ce système. Le Kadena De Mano est une défense réaliste dans un environnement moderne, dans un club ou dans une foule, ou un espace restreint, où on ne peut quasiment pas se déplacer ou s’échapper. Dans la formation de la Kadena, la fluidité est un aspect très important. Le combattant doit être en mesure de passer d’un état détendu à un état de vitesse et de puissance dans un temps de réaction très court.

Sources: martialarts database.com: traduction personnelle et wikipédia: article: kali, arnis, eskrima.

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