Le Hakko-Ryû Jujutsu

Le Jujutsu de la 8è lumière:

Que recouvre ce vocable ésotérique ?

Le hakkō-ryū (ou hakkō-ryū-jū-jutsu) est un art martial.

Le hakkō-ryū-jū-jutsu prend naissance à la même époque que l’aïkido. C’est en 1938 que le soke Ryuho Okuyama, Shodai Soke, alors âgé de trente-cinq ans, et qui vient de terminer ses études de médecine, ouvre son premier dojo à Tokyo. La technique qu’il enseigne, nommée hakkō-ryū, tire ses origines des Daitōryū aikijūjutsu, Kito-ryū, Takenuchi-ryū et Tenshin-shinyo-ryū.

Shodai soke

On peut remarquer des similitudes avec l’aïkido, ce qui explique les quelques ressemblances qui existent sur la forme de ces deux disciplines, la finalité étant cependant sensiblement différente.

hakkō-ryū signifie « école de la huitième lumière ». Cette huitième lumière, l’ultraviolet, résultat de la dispersion des sept couleurs de l’arc-en-ciel, évoque l’effet non perceptible des techniques du hakkō-ryū. Car au-delà de la self-defense, le but du hakkō-ryū est l’équilibre et la santé du pratiquant. Chacune des techniques élaborées par Okuyama possède une interprétation physiologique, au sens de la médecine orientale, et est destinée à produire un effet bien déterminé sur les organes vitaux du pratiquant.

Le hakkō-ryū-jū-jutsu est considéré par ses pratiquants comme étant à la fois une école de santé et une école d’efficacité. Elle procède à une éducation progressive et rationnelle du corps en vue de la défense par la souplesse, et ne se limite pas à un enseignement superficiel d’autodéfense.

Après une trêve due à la loi martiale qui interdit la pratique des arts martiaux au Japon, Okuyama s’établit en 1947 à Ōmiya, dans la préfecture de Saitama, à proximité de Tokyo. C’est là qu’il installe le honbu-dōjō, qui devient le centre mondial du hakkō-ryū-jū-jutsu.

Après s’être développé au Japon, le hakkō-ryū s’implante successivement aux États-Unis, au Canada, en Australie, puis en Europe.

Le hakkō-ryū apparaît en France pour la première fois en 1970 avec la venue à Paris du Japonais Takeshi Dogane, quatrième dan à l’époque, qui y séjournera durant deux ans.

Mais la véritable implantation du hakkō-ryū en France se fera vers les années 1975-1976, plusieurs Français, dont Sensei Thierry Riesser, ayant obtenu le titre de shihan à la suite de stages au Japon.

Les trois caractéristiques principales de l’HAKKO RYU sont : aucun défi, aucune résistance, aucun dommage.
Très proche de l’Aiki jutsu et de l’Aïkido, l’Hakkoryu est un Jujutsu dont les techniques s’exécutent sur les Keiraku du corps (méridiens d’acupuncture) pour créer des quantités variables de douleur, afin de contrôler un attaquant sans causer nécessairement des dommages sérieux. L’aspect martial et santé y sont présent à 50% chacun.

La médecine japonaise traditionnelle enseigne que le « Ki », un des aspects non physiques de la vie, traverse les Keiraku dans le corps. Certain Tsubo (points spéciaux) le long du Keiraku sont sensibles au contact ou à la frappe, et causent une douleur aigûe qui empêche toute action offensive de l’assaillant, mais n’endommagent pas nécessairement les os, les jointures, ou tout autre tissu de corps. Ce sont les points essentiels des techniques de l’Hakkoryu qu’un pratiquant qualifié emploie pour distraire, expédier, ou pour arrêter un attaquant. En raison du potentiel non nuisible de ces techniques, l’Hakkoryu est une méthode curative et préventive pour la santé des pratiquants en respectant leur intégrité.
La toute première technique dans le Shodan (début) de l’Hakkoryu est appelée « Hakko Dori. » Une des leçons qu’elle contient est le principe sur la façon de s’échapper tout en contrôlant son agresseur.

Dans le Shodan nous apprenons à connaître notre corps et à travailler sur les axes de notre adversaire. Dans les degrés suivants Nidan, Sandan, Yondan, un travail plus précis est demandé en raccourcissant les techniques, en utilisant les « gakkun » (pression sur les méridiens) pour contrôler l’adversaire.
Aucune des techniques de l’hakko ryu ne peut s’apprendre sur un livre ou une vidéo, il n’y a qu’en pratiquant sincèrement avec le cœur (KOKORO) que l’on découvre la véritable nature de l’école HAKKO RYU.

« Avec Hakkoryu, pour la première fois, les yeux du dragon sont dessinés ». (Cf. le « Mon », emblème du Hakko Ryû Jujutsu).

 Shodai Soke Okuyama Ryuho
Fondateur de l’Hakko ryu jujutsu.


Shihan Daniel Rossignol de l’Hakkō Ryū Jū-Jutsu nous explique, l’essence et les techniques du jujutsu particulier:

Le Hakkō Ryū Jū-Jutsu utilise à la fois les projections, les Atemi, les strangulations et certaines formes d’immobilisation. Les différents principes sont appliqués sur les méridiens et points clefs d’acupuncture, ce qui en fait une école de santé. Son grand principe est de ne jamais recourir à la force musculaire.

Le Hakkō Ryū Jū-Jutsu est une pratique martiale pour laquelle l’émotionnel et le corporel ne sont jamais dissociés, contrairement aux démarches occidentales. Les techniques fondamentales du Hakkō Ryū Jū-Jutsu sont particulièrement séduisantes par leur simplicité et leur efficacité. Cela ne veut pas dire qu’il n’en soit pas de même pour d’autres disciplines, mais en Hakkō Ryū Jū-Jutsu, elles y sont conservées et développées sous leur aspect le plus simple et le plus authentique, ce qui est déroutant au début. Mais cette simplicité n’en est pas moins d’une efficacité redoutable si l’on y fait circuler l’énergie vitale Ki, 気. Plus qu’un art martial, c’est une école de vie où l’on apprend à respecter son prochain, ne pas « casser », ne pas détruire, contrôler.

Au début, le travail s’effectue sur les axes, l’effacement des tensions, le positionnement de la colonne vertébrale sur son axe pendant l’exécution des techniques. Vient ensuite le travail sur l’énergie. Les mouvements sont vides si l’énergie ne circule pas.

À partir du 3ème Dan, on découvre le travail subtil du Gakun sur les méridiens d’acupuncture pouvant provoquer des douleurs. En japonais, les méridiens sont appelés Keiraku, ou chemin de l’énergie. L’étude du Kōhō-Shiatsu intervient. Cet aspect non invasif (sans aiguille d’acupuncture) s’allie à la maîtrise des réactions secondaires et à une écoute lente, fondée sur un dialogue de type psychologique. Le fonctionnement organique du corps au travers de nos activités est très peu perçu. Notre mode de vie nous amène à négliger nos valeurs psychiques. Ceci a pour manifestations les pathologies déjà installées et celles en formation. Notre gestuel et le souffle sont inscrits en négatif. Cela se traduit par le manque d’équilibre, la dysharmonie entre l’interne et l’externe, entre le mouvement et la respiration. Le Shiatsu thérapeutique ne saurait être réduit à une seule technique.

L’Hakkō Ryū inclut aussi le Kōhō-Go-Shin-Taïso, travail énergétique faisant partie intégrante de l’école, et qui compte douze mouvements. Soke Okuyama Ryūhō, fondateur de l’école, est le concepteur des douze mouvements qui favorisent la libre circulation de l’énergie dans le corps, grâce à des postures d’étirement des méridiens.

L’enseignement de l’Hakkō Ryū  est basé sur le Jū-Jutsu (défense), le Shiatsu (thérapeutique) et le Go-Shin-Taïso (circulation de l’énergie). Une pratique régulière permet de percevoir ses limites physiques et émotionnelles, et de les faire reculer.

Pour le passage du 5ème Dan s’ajoute le Hojo-Jutsu (l’art de lier l’adversaire au moyen d’une corde) ainsi que l’étude des Kuatsu (à vocation de thérapeutique d’urgence).


Voici ce que dit Shodai Soke Okuyama sur sa discipline:

« Les techniques de Hakkoryu ne sont que l’instinct de protection pure qui prépare votre esprit pour faire face à des questions urgentes quant à la vie et la mort. Autrement dit, lorsque l’on rencontre la violence, il peut être dit que le Hakkoryu fournit des méthodes naturelles, simples et pratiques qui permettent d’affronter sereinement un péril imminent et, sans hésitation : capturer et punir les assaillants raisonnablement et facilement en un instant.

La simple pratique qui se traduit par l’usure des uniformes de pratique ne donne pas naissance à la nature des arts d’auto-protection qui sera utile dans ces moments critiques.

Notre Hakkoryu Shodan-gi est conçu pour préparer le pratiquant, avec les règles de base, pour mettre fermement un terme à ces agressions générales. En outre, comme on fait des progrès à travers le Nidan-gi, Sandan-gi, et ainsi de suite, les techniques augmentent naturellement dans leur punition et la gravité.

Nous pouvons dire que l’état qui découle d’une immersion dans le Hakkoryu est le même que « l’eau primordiale » (qui est, mettre de l’eau sous une grande pression) qui développe des instincts qui peuvent exploser en un instant. Les enseignements avancés de Hakkoryu permettent le contrôle libre de la vie et la mort. Mais un tel choix relève de l’homme.

Le cœur sacré pousse à la posture naturelle de justice. Par conséquent, rejetez le mal dans votre cœur. Alors seulement vous serez prêts à apprendre nos secrets. Détendez-vous et concentrez votre tanden. Soyez désintéressés. Avec l’esprit du Hakkoryu, vos techniques de protection sortiront  spontanément et facilement.

Concentrer calmement votre esprit, attaquer l’esprit de l’adversaire et briser sa volonté à sa profondeur. Le Hakkoryu appartient au monde où l’action spirituelle prime sur la forme et le style. Dans le Hakkoryu, il n’y a en effet aucune compétence technique sans une détermination spirituelle à poursuivre sans hésitation à la vie ou la mort. Hakkoryu consiste donc principalement en la préparation et la formation de l’esprit.

La compréhension de ces concepts, apprendre et pratiquer l’esprit et les techniques de Hakkoryu, jusqu’à ce qu’ils vous conduisent à une perception claire de votre intégrité. Alors seulement, vous pourrez choisir correctement la meilleure façon de préserver la justice et l’humanité. En outre, la puissance d’un doigt, à travers le Hakkoryu Koho Shiatsu peut certainement sauver l’homme d’un autre type de violence, émanant au plus profond : la maladie et les blessures. Tout à coup, ces obstacles peuvent vous priver de vos libertés naturelles.

J’ai prêché avec l’expérience, auprès de milliers de personnes, que ces deux notions, la violence  extérieure et intérieure, peuvent être facilement exclues par l’utilisation correcte d’un seul doigt, par le biais du Koho Shiatsu.  J’ai nommé cette voie le Hakkoryu Goshin Jutsu et l’autre, Hakkoryu Koho Shiatsu Igaku. Quand je réfléchis à ma vie, je ne peux concevoir de plus beau cadeau que la sagesse de l’humanité et ne peut m’empêcher de crier haut et fort, « SORT GRAND HOMME! » À cause de mon amour fort envers mon pays natal, le Japon. « 

Écrits de Shodai Soke Okuyama Ryuho (1901-1987)
Traduction Composite De
Okuyama Ryuho Tabinikki, Hakkoryu Ryushi Journal, Hakkoryu Higishi.

Source: Hakkoryu jujutsu.fr, et traduction personnelle de l’anglais du site officiel, au Japon, Hakkoryu.com, du Honbu Dojo.

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