L’art des bujutsu ou Kakuto Bugei

L’efficacité en situation de guerre véritable sur un champ de bataille à l’époque féodale n’était pas un simple questionnement intellectuel, mais une question de survie. Dans le Japon féodal, Les kakuto bugei désignaient les arts (gei) de guerre (bu) véritables (kakuto) que les bushi (hommes de guerre) devaient pratiquer.

Il en existait une cinquantaine dont plusieurs étaient théoriquement obligatoires (en général, environ 18 à 20):

les "Bugei Ju Happan" (*: voir Lexique): les 18 disciplines des Ecoles d'Arts Martiaux classiques:

- bokkuto-kenjutsu (escrime avec sabre en bois);

- iaijutsu (art de dégainer le sabre);

- battojutsu (art de la coupe avec le sabre);

- kyujutsu (art du tir à l’arc);

- Hei- ho jutsu (la stratégie militaire);

- naginatajutsu (art de la hallebarde);

: Le Shinkendô-Aikibujutsu Shôkai: synthèse des Koryu: Daito & Takeda ryû (pour l'essentiel) de Sensei Toshishiro Obata.

[On pourra préciser que Obata Sensei est conseiller sur nombreux tournages de films historiques, concernant le réglage précis des combats, notamment et surtout concernant le kenjutsu. Il est membre d'une organisation officielle au Japon, qui référence les meilleurs artistes martiaux dans leurs spécialités, pour l'adaptation au grand écran, dans le respect de la tradition.]

- Niten jutsu (escrime à deux sabres : un long et un court);

- Juttejutsu (technique de la barre de fer courte avec crochet, ou Saï à une branche);

 Kodachijutsu (art du sabre court);

- Jujutsu ancien (terme générique regroupant l’ensemble des techniques de guerre);

- Yoroi-doshijutsu (art du combat avec armure);

- Tessenjutsu (art de l’éventail de guerre);

- Shurikenjutsu (art de lancer des lames);

- Yawara jutsu ou Taijutsu (lutte au corps à corps);

- Kusarigamajutsu (art de la faucille à chaîne);

- Sôjutsu (art de la lance avec lame droite);

- Ô-Tachi-jutsu (art du sabre très long);

- Ken-bujutsu (art de l’escrime en combat réel), etc.

Auxquels il faut ajouter des activités artistiques et d’autres bugei, selon le rang.

Par ailleurs, et c’est là un aspect essentiel, tout art martial s’inscrit dans un contexte historique aux conditions anthropologiques précises (vêtements, armements, us et coutumes…).

Ainsi :

– les nombreuses défenses contre des saisies de la main que pratique toujours l’aïkido sont directement issues de la préoccupation des samouraïs de se défendre contre un ennemi qui les aurait empêché de dégainer leur sabre ;

– les attaques aux articulations en jūjutsu, koppojutsu se comprennent par le simple fait qu’un samouraï portait une armure dont les jointures étaient les points les plus faibles.

On pourra sans problème faire le rapprochement avec le fait que lors d’une agression, dans la rue, ou ailleurs, les gens sont souvent habillés. Dans ce cas fréquent, beaucoup de  points vitaux  sont difficilement atteignables; d’où l’intérêt de s’entrainer en armure…D’ailleurs, ce concept a été largement rappelé par Mr Charles Joussot (lien de la page de ce site qui lui est consacré), expert-enseignant, 5è Dan de Penchak Silat, dans ses vidéos pédagogiques sur Youtube. Il est aussi formateur “garde du corps”, et de différents Groupes d’intervention depuis de nombreuses années.

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