L’Arnis philippin

L’Arnis Koredas Obra Mano est un art martial de combat Philippin. Arnis est dérivé du mot Espagnol « Arnes » qui veut dire « Armure défensive ». Koredas, mot qui signifie « mélanger ». Obra, qui veut dire « travail » et Mano, qui veut dire « main ». Depuis l’origine, les Philippins utilisent différents types de sabres et machettes. Dans l’Arnis Korédas, le bâton court doit être sensiblement de la même longueur que l’avant bras du pratiquant (Eskrimador) entre 50 et 53cm. Les pratiquants de Kali Arnis Eskrima s’entraînent, en général, avec un bâton d’environ 70cm.

: On voit ici toute la richesse de l’Arnis, et en particulier, du style Arnis Koredas Obra Mano (contient pas moins de 37 styles différents. Il existe peu d’équivalents dans le Monde) : travail de saisie avec bâton, avec le professeur Morgan Mistral, dojo de la Réunion.

L’Arnis Korédas Obra Mano est un art martial traditionnel Philippin, dont le grand Maître était Andres Gomban, originaire de Cébu, et décédé en 1999 à l’âge de 98 ans.

Andres Gomban

: Master Andres Gomban

Certes, Andres Gomban n’a jamais souhaité révéler son art au grand public, et cela était dû non seulement à son désir de discrétion, mais aussi afin de préserver son art dans son état originel. Néanmoins aux yeux des autres Eskrimadors, il reste la référence même en ce qui concerne les arts martiaux Philippins, et leur originalité. Il possédait l’enseignement de plusieurs générations, dont celle de la fameuse famille Lapulapu qui maîtrisait pas moins de 37 systèmes d’eskrima différents. Aujourd’hui son seul représentant actuel pour l’Europe, est le Maître Oliver Bersabal:

: Guro Oliver Bersabal

Né aux Philippines, Maître Oliver Bersabal commença la pratique des arts martiaux Philippins dès l’âge de 8 ans. Son maître Andres Gomban lui enseigna durant de nombreuses années les différents aspects et éléments clés de plusieurs écoles d’Arnis Eskrima et qui composent les 37 systèmes de l’Arnis Korédas Obra Mano. Oliver Bersabal devenu navigateur, débarque en 1995 à Marseille à l’âge de 34 ans. Découvrant par hasard la popularité grandissante du Kali Eskrima, il se lance alors dans la diffusion de l’Arnis Korédas Obra Mano. En quelques années, maître Oliver Bersabal accomplit un travail remarquable sur toute l’Europe, multipliant les démonstrations dans les festivals et galas d’arts martiaux, les émissions sur les chaînes de télévision, les séminaires sur toute l’Europe, et réalise pas moins de 9 cassettes vidéos. Face à son engagement, Maître Andres Gomban nomme officiellement Oliver Bersabal « Guro » (Instructeur) responsable de l’enseignement et de la promotion de l’Arnis Korédas Obra Mano en Europe.

 : défense contre couteau.

Dans l’Arnis Korédas Obra Mano il n’y a pas de posture fixe. La forme basique existe bien, mais elle doit ensuite devenir libre. « Eveiller l’instinct », voila le maître mot de son fondateur, mais cela nécessite non seulement beaucoup de pratique, certes de l’attention, mais aussi beaucoup de souplesse et de fluidité gestuelle. Au fil du temps les sensations s’éveillent, l’esprit s’aiguise, et les gestes deviennent instinctifs. L’émergence de l’instinct (d’après son fondateur) résulte de 3 éléments : pratique, fluidité et liberté. Les différents niveaux d’apprentissage et d’acquisition de connaissances s’opèrent en fonction de différents types de pratique : SOLO OLISI (le travail du bâton simple), DOBLE OLISI (le travail du bâton double), KOTSILIO DEPENSA (le travail du couteau de défense), MANO – MANO (le travail à mains nues), LAYOG DUMOG (le travail de la lutte Philippine).

: « drill » (enchaînement-travail) couteau contre couteau. Impressionnant, quand on pense que les avancés travaillent avec des lames réelles…

 : deux bâtons contre un bâton.

Définition et notes explicatives:

L’Arnis Koredas Obra Mano est tout simplement un nom désigné pour mieux référencer cet art martial transmis culturellement de familles en familles, comme beaucoup d’autres styles. Arnis est dérivé du mot espagnol « Arnes » signifiant « Armure défensive ». Koredas, désignant « mélanger ». Obra, le « travail » et Mano, la « main ». Dans l’Arnis Koredas, le bâton utilisé a une longueur entre 50 et 53cm, alors que de manière générale dans la plupart des styles le bâton mesure 70 cm. Le travail étant axé sur un travail court et destructeur : Serada (courte distance), le choix du bâton court a été choisi pour le côté pratique. En effet, ce qui prédomine dans cette forme est l’aptitude à s’adapter dans l’instant. Une notion plutôt inexistante dans les formes d’Arnis ou de Kali dîtes « classiques » où le type de travail est souvent conditionné et académisé. Le but essentiel dans la pratique de l’Arnis est de pouvoir s’enrichir à travers les différentes formes : Doce Pares, Illustrissimo…

Là où le problème se pose c’est d’éveiller son esprit à des postures, à des déflections très inhabituelles, afin de mieux engager les contres pour être efficace face à un adversaire. Pour ce faire, le travail doit toujours nécessiter une présence d’esprit car il faut vivre chaque exercice, chaque technique, tout en étant à l’écoute de l’adversaire. C’est un exercice où l’esprit et le corps ne font qu’un : Pas de dissociation, rien ne doit laisser paraître, tout est dans l’imprévisibilité. Le moindre contact doit donner une sensation, une expression, une créativité, l’essence même de la tension émotionnelle que l’on peut ressentir dans l’instant. Rien n’est laissé au hasard et chaque faille doit être une opportunité pour vaincre son adversaire par un déséquilibre, une percussion, un contrôle, une frappe… Rien n’est fixe et déterminé, car le mot d’ordre est l’éveil de l’instinct et le développement du travail en fonction de l’évènement, des qualités techniques, de la dextérité de chacun et de chacune.

En résumé, ces différentes notions exigent des qualités kinesthésiques et de la précision pour aborder les éléments clés. Tout doit être coordonné, décortiqué, analysé et épuré au maximum. Au fil du temps, les sensations s’éveillent, l’esprit s’aiguise, et les gestes deviennent instinctifs. L’émergence de l’instinct résulte de 3 éléments : pratique, fluidité et liberté. Les différents niveaux d’apprentissage et d’acquisition de connaissances s’opèrent en fonction de différents types de pratique : SOLO OLISI (le travail du bâton simple), DOBLE OLISI (le travail du double bâton), KOTSILIO DEPENSA (le travail du couteau de défense), MANO-MANO (le travail à mains nues Panatukan- Sikaran), LAYOG DUMOG (le travail de la lutte philippine) et enfin le travail de percussion qui engendre ces différents éléments.

Les principes généraux de l’Arnis:

Il n’y a pas de formes fixes. La forme basique est libre, fondée sur les réflexes, la souplesse, la fluidité, la rapidité, la précision et l’intuition. L’Arnis est avant tout une méthode de self-défense qui vise à utiliser tous les points faibles de l’adversaire : les points vitaux, articulations, nerfs, tendons muscles, yeux, parties génitales, … Les grands principes de connaissances et niveaux d’apprentissage s’opèrent en fonction de différents types de pratiques.

Les sections de travail en règle générale sont :

SOLO OLISI (le travail du bâton simple);

DOBLE OLISI (le travail du double bâton);

MANO – MANO (le travail à mains nues comprenant : le Panantukan, la boxe Philippine et le Sikaran ou Panadiakan, partie concernant les techniques de pieds);

KOTSILIO DEPENSA (le travail du couteau de défense);

LAYOG DUMOG (le travail de la lutte philippine).

Armes :

    • Double bâton (Double Olisi)

 

    • Bâton simple (Solo Olisi)

 

    • Bâton moyen et bâton long

 

    • Epée et dague – bâton et couteau (Olisi-Baraw)

 

    • Dague – couteau (Baraw-Kamot)

 

    • Double couteaux (Baraw-Baraw)

 

  • Armes flexibles

Mains nues :

    • Dumog : le corps à corps et les leviers articulaires;

 

    • Hubud Lubud ou chaîne de mains : la sensibilité dans la courte distance;

 

    • Panantukan : la boxe philippine;

 

    • Sikaran : l’art de donner des coups de pied;

 

  • Mains nues contre couteau ou bâton.

Les distances:

Ce travail est fondamental, car il permet d’appréhender et maîtriser la position de son corps dans l’espace, et la rencontre avec celui de l’adversaire.

Au début, les distances sont étudiées séparément, mais rapidement mélangées, car elles donnent une dextérité, le sens du rythme et son changement soudain, pour introduire la feinte. Viennent s’ajouter le travail des armes, qui avec l’habitude, permet toutes les combinaisons, et d’obtenir l’effet précis et voulu, par exemple: maîtriser l’adversaire, sans lui infliger de blessures graves.

  • Corto: courte;

  • Medio: moyenne;

  • Largo: longue.

L’Arnis Koredas Obra Mano:

Mis à part les principes généraux cités ci-dessus, il faut souligner que les différences propres et les particularités avec les autres styles sont :

– Le travail du bâton court (moins de 60 cm);

– Le travail de la main libre (main arrière) qui reste toujours en couverture. C’est une arme à part entière, c‘est comme si on avait en permanence dans celle-ci un bâton, un couteau ou autre. Elle doit être à l’affût et gêner son adversaire. Elle contribue à la protection du bâton, et ainsi pénétrer dans l’espace de son adversaire pour placer sa technique de frappe, son contrôle. La main doit être indissociable de la main porteuse du bâton, ou du couteau.

– Le déplacement dans l’espace doit s’opérer avec des directions opposées et des rotations du buste. Cela entraîne une meilleure préhension sur son adversaire tout en le perturbant. Jamais l’adversaire ne doit nous déborder et déterminer le travail qu’il souhaite effectuer. On doit être dans la subtilité totale.

– La gestuelle du corps doit être élastique et en même temps dur (Yin et Yang) L’enracinement des pieds au sol avec un centre d’inertie assez bas. Le corps doit agir en extension et se repositionner tout de suite.

– La percussion est la grande particularité de l’Arnis Koredas Obra Mano. Il n’y a pas réellement de blocages dans les techniques mais plutôt des contrôles, des contrôles frappes, des déflections, avec des mouvements en rotation et non en ligne. Ces mouvements doivent couvrir et protéger son corps en permanence: une spécialité du Serada (fermeture) intégrée et indispensable dans l’Arnis Koredas Obra Mano.

– Le travail en énergie ayant pour but de décupler sa puissance. C’est un long travail, au regard de la richesse technique qu’on doit auparavant acquérir.

Sources: site de Guro Morgan Mistral, dojo de la Réunion, wikipédia: article: arnis.

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