La pratique du Kenjutsu et du Iai-Dô

LES DEPLACEMENTS ET LES PLACEMENTS DE PIEDS

LES DEPLACEMENTS ET PLACEMENTS DE PIEDS

LES PRINCIPAUX DEPLACEMENTS 

À la base de la marche et de tous les déplacements, il y a le pas. En japonais le Kanji « Ashi » signifie le « Pied », mais aussi par extension le « Pas ».

Pour pouvoir réaliser correctement n’importe quelle technique, il est indispensable de savoir au préalable se déplacer. Mais avant de maitriser ces déplacements, il est nécessaire de connaître parfaitement tous les pas de base, connaître les différents appuis et modes de déplacement du pied.  

L’apprentissage des déplacements exige de se poser des questions sur l’utilisation de nos appuis et de la répartition du poids sur nos pieds, de notre posture de dos et du placement du bassin. C’est pourquoi savoir marcher correctement, intelligemment et  efficacement dans le cadre de la pratique du Iaido est une vraie remise en question.

Pour se déplacer, il faut choisir une direction. Mae pour avant, Ushiro pour arrière, Migi pour droite et Hidari pour gauche. Mais de surcroît, il faut savoir comment poser son pied au sol.

On lance d’abord la pointe du pied en avant et elle touche le sol une fraction de seconde avant le talon. En préparation à un déplacement, le talon est généralement légèrement décollé du sol afin de conserver une tension dans les jambes, tandis que les appuis se font sur l’avant du pied.

Cette typique manière de marcher s’explique par le port des sabres sur le côté. S’il fallait courir avec une marche normale, les sabres seraient tellement secoués qu’ils tomberaient hors du fourreau.

AYUMI ASHI :

Le pas de base de la marche s’appelle Ayumi ashi (Pas de marche appelé aussi pas romain ). Il suffit de se déplacer comme dans notre vie de tous les jours. On l’utilise lorsque l’on s’avance vers l’adversaire. 

AYUMI ASHI

Les déplacements s’effectuent avec le « hara » *.

OKURI ASHI :

Dans un autre style Okuri ashi (Pas envoyé ou double pas) lance le pied avant dans l’orientation choisie, et le pied arrière suit comme si un fil élastique le reliait au premier.

La forme inverse d’Okuri ashi se nomme Tsugi ashi (Pas qui suit). C’est le pied arrière qui propulse le corps, lorsqu’il touche (Presque) le pied avant celui-ci avance aussitôt. Okuri ashi et Tsugi ashi sont génériquement appelés « pas chassés ».

HIRAKI ASHI :

Mal connu Hiraki ashi (Pas latéral) permet de s’ouvrir un chemin pour passer le corps. On l’utilise beaucoup dans la pratique du sabre, Uke étant face à soi, il permet un déplacement de côté en esquivant l’attaque de l’adversaire afin de trancher sans être tranché.

NAMBA ARUKI :

Le « Namba aruki » Style de marche et de course traditionnelle japonaise:

À l’ère d’Edo (1603-1868), le Namba aruki était une façon de marcher dite plus efficace et saine que notre démarche d’aujourd’hui. Eh oui, bouger nos hanches, tordre son corps pour avancer, tomber en avant, se voûter en marchant… à l’ère d’Edo, nous aurions manqué de classe. Historiquement, il n’est pas dit que tous les japonais se déplaçaient ainsi, ni comment le Namba aruki s’est éteint, mais il existe de bonnes chances pour que cela soit dû en partie à la formation militaire des japonais qui désiraient se doter d’une armée moderne (Formés par l’Allemagne et la France). Chaque japonais a donc appris la marche militaire occidentale, entraînant inexorablement la modification de la marche de tout un peuple. La marche Namba traditionnels est toujours utilisée par les Sumo et les artistes de Kabuki.

 

: Yoshinori KONO Senseï –  Namba aruki.

Cette démarche japonaise est née du mode de vie de l’ère d’Edo. Il est dit que les messagers appelés « Hikayaku » ont donné naissance au Namba aruki, cette façon de se mouvoir efficace et saine. Il valait mieux quand il s’agissait de délivrer un message de Tokyo à Kyoto en 6 à 8 jours… Soit 480 kilomètres. Avec de telles distances à couvrir, les messagers devaient se mouvoir efficacement.

Cette façon de marcher et de courir convenait mieux aussi au port du Kimono, permettant de conserver les plis intacts, ainsi qu’au port des Geta dans les rues boueuses, évitant de s’éclabousser. Enfin, cette marche évite au Samouraï que son sabre, attaché à la hanche, ne se balance de trop et avait l’avantage de permettre d’avoir en permanence les mains proches du sabre. Finalement, à l’ère Edo, le Namba aruki convenait à tout le monde. Pour comprendre le concept de cette marche, rien de tel que la démonstration d’un Maître, en l’occurrence Yoshinori KONO Senseï.

Namba Aruki

: Travail du cerveau en fonction du style de marche: Namba aruki vs Marche moderne.

En quoi consiste le Namba aruki ?

Lorsque nous marchons, nous balançons notre bras droit en avançant le pied gauche. Et vice versa. Conséquence de quoi, nous tordons le haut de notre corps, ainsi que nos hanches. Lorsque vous pratiquer la marche Namba, vous avancez le bras droit et la jambe droite en avant au même moment. Certes, ce n’est pas une marche dont on a l’habitude, mais en s’entrainant vous pourrez maîtriser cette marche.

Namba aruki – Dans le Kabuki:

Pourquoi apprendre le Namba aruki ?

Maintenant que vous avez compris le concept, pourquoi apprendre à marcher le Namba ? Eh bien cette marche est bénéfique sur plusieurs plans. Le premier, évident, concerne les arts martiaux asiatiques dont les fondements ne sont pas éloignés de cette marche.

: Namba aruki – Dans les arts martiaux, Yoshinori KONO Senseï.

De plus cette marche permettrait d’avoir plus d’endurance, une position stable du corps, plus de force dans le corps, moins de fatigue et de ne pas avoir pas de perte d’énergie. Réapprendre à se déplacer sans effectuer de torsions permet donc de retrouver une des clefs de l’efficacité des techniques martiales. En effet, les mouvements de rotation sont non seulement moins efficients car ils induisent une diffusion de la force, mais sont aussi bien plus prévisibles. Un point crucial dans une situation de vie ou de mort…

KOKYU, LA RESPIRATION

Le Iaido et les techniques de respiration ont un lien incroyablement profond l’un avec l’autre. Il est dit que, lors de l’expiration, « Le corps est vrai » et que lors de l’inspiration, « Le corps est faux ». Obtenir la vérité et le mensonge pendant ces mouvements est d’une importance capitale. Les pratiquants de Iaido doivent pratiquer le contrôle du souffle en même temps, qu’ils pratiquent les techniques de sabre.

Il faut donc, travailler et corriger les techniques de respiration pour arriver à une respiration ventrale « Tanden ». En ajustant notre respiration, nous pouvons mobiliser notre corps tout entier et nous déplacer de manière fluide et rapide. C’est pour cette raison que le contrôle de la respiration est importante pour le Iaido.

PRINCIPE DE L’INSPIRATION ET DE L’EXPIRATION ABDOMINALE

Kikai-tanden (Siège du Tanden)

Lorsque les muscles inférieurs de l’abdomen sont tendus, le siège du pouvoir du corps, le « Tanden », apparaît. Le Tanden est induit par la tension des muscles et apparaît seulement dans le corps vivant. Il n’a pas été découvert par la médecine occidentale ou universitaires, car il ne peut pas être trouvé dans un corps disséqué. Le Tanden est un point situé en bas du ventre, à environ trois centimètres au-dessous du nombril.

L’inspiration, remplit le « Kikai » naturellement et sans effort, mais lors de l’expiration, le pouvoir se concentre sur le Tanden qui se situe en dessous. Le Tanden est aussi appelé, le « Centre de gravité », du corps.

Le centre de gravité préside le corps, le contrôle les mouvement des membres et est le centre de tout vrai mouvement dans les Budo et les autres Arts Martiaux.

Tanden-Sokuho (Techniques de respiration avec le Tanden)

Le souffle est ce qui donne vie à la posture. Une posture correcte n’a de sens que si elle est basée sur une respiration correcte et de ce fait, une posture correcte découle naturellement d’une respiration correcte.

Quand vous dormez couchée, l’air pénètre dans le corps naturellement, la partie supérieure de la poitrine et de l’abdomen se soulèvent sans effort. Lors de l’expiration, les poumons se vides et ces parties redescendent. Tant que l’inspiration et l’expiration ne se produisent que dans la partie supérieure du corps, le corps inférieur ne participe pas.

Toutefois, si le « Tanden » se réalise lorsque le corps est en position verticale et que les hanches supportent le poids du corps, la respiration peut être fait par le bas du ventre, en relaxant le « Tanden ».

Lorsque le Tanden se détend, l’air est naturellement dirigée vers le centre du corps. Lorsque le tanden se contracte, cet air est expulsé en dehors du centre du corps. Si le souffle ne passe pas par le centre du corps, mais seulement dans la partie supérieure du corps, la respiration est la même que celle d’une personne malade ou faible.

Comment respirer profondément

Quand les poumons sont utilisés dans une respiration non focalisée, seulement 20 ou 30% de leur capacité pulmonaire est remplie.

Essayez de vider la poitrine, en gardant le corps droit et expirer en faisant passer l’air par vos orteils, jusqu’à ce que vous sentiez les muscles de votre poitrine se détendre.

Lorsque vous le faites, vous devriez naturellement, ressentir un seul point contracté dans le bas-ventre. C’est le siège du Tanden. Tanden est décrit comme étant situé à trois centimètres sous le nombril, mais, en réalité, il ne devrait pas être définie à partir de l’extérieur du corps.

Au contraire, le Tanden est le point que vous avez ressenti au fond de vous, quand vous avez expiré l’intégralité de l’air que vous aviez inspiré.

Tout d’abord, on remplit le bas-ventre avec force, en poussant l’air. Ensuite, la résistance de l’abdomen diminue, en tirant vers le bas l’air frais, dans le fond des poumons. L’air circule en un instant, mais dans ce court laps de temps les poumons sont presque complètement remplis. Il faut respirer profondément, calmement et sans pause, c’est alternativement le « Soku Tanden » et le « Kokyu Tanden ». C’est une forme de respiration profonde, qui utilise le bas du ventre pour expirer. C’est le véritable « Kokyu-ho », utilisé en Zazen (Méditation), en Seiza, ainsi que que dans tous les Budo et les Arts Martiaux.

Tout en se tenant debout, vous devez toujours remplir les poumons par le bas-ventre avec force. Dans le même temps, vous devez maintenir la tension dans votre centre de gravité, en particulier le bas-ventre, et avoir une souffle tranquille. Si vous gardez 20 ou 30% de l’air dans vos poumons, vous devriez vous détendre le bas-ventre, car autour de vous, il y a toujours la pression atmosphérique, et l’air s’écoule naturellement. Cela se produit en un instant, mais une quantité extrêmement importante de l’air est inspirée.

Dans la pratique le Kokyu possède deux fonctions, il purifie les poumons et renouvelle l’apport de « Ki » à travers l’oxygène et il vitalise tout l’organisme. Mais il s’agit là de ce que nous connaissons déjà et que l’on nomme tout simplement la respiration, c’est à dire l’action visible des poumons en expiration et en inspiration.

EXERCICES DE RESPIRATION, « KOKYU »

La première chose est de savoir bien respirer, de prendre conscience de l’acte et de connaitre la différence entre une respiration ventrale et intercostale.

En règle générale, les « Furikaburi », les prises de gardes se font sur l’inspiration et les coupes, les menaces et les « Chiburui » se font dans l’expiration. L’inspiration et l’expiration ressemblent au flux et reflux des océans.

Il est possible de travailler des exercices de respiration, mais il faut laisser le temps au temps afin que cela devienne un automatisme où l’action et la respiration ne feront plus qu’un.

Une personne qui est toujours vraie en pensée, parole et actions, n’aura jamais peur et n’ayant jamais peur, elle aura une respiration lente et puissante.

Lorsque vous utilisez l’action du corps ou de la respiration, cela correspond au « Kokyu », car le « Kokyu » implique une action du « Ki », qu’il y ait ou non action des poumons. LE SEIKA TANDEN OU HARA , LE CENTRE DES ENERGIES.

Le Ki (En japonais), est un mot qui a pour traduction « Vapeur », « Exhalaison », « Fluide », « Influx »,  » Energie », le terme le mieux adapté étant « Les souffles ». Il s’agit d’un concept essentiel de la culture asiatique.

Dans cette approche spirituelle, le Ki englobe tout l’univers et relie les êtres entre eux, dans un organisme vivant, il circule à l’intérieur du corps par des méridiens qui se recoupent tous dans le « Centre des énergies » appelé  »  Champ du cinabre », Seika tanden au Japon. Il est donc présent dans toutes les manifestations de la nature.

Le concept de Ki n’a pas d’équivalent précis en Occident . On peut toutefois noter de nombreux liens de convergence avec la notion grecque de pneuma (Ayant pour traduction  » Souffle « ), et dans la même optique avec la notion d’esprit , en latin « Spiritus » (Dérivé de spirare = souffler) qui signifie souffle , vent.

Le « Ki » dans le « Seika tanden » (Hara)

Pour désigner le « Ki » , on utilise parfois l’expression « Souffle-énergie » (Kokyu-ryokyu).

Dans le Iaido, lorsque l’on coupe ou lorsque qu’un coup est porté (Atemi en japonais), c’est le Ki du frappeur qui est transmis à l’adversaire et provoque la blessure, à ce titre, l’important est plus d’atteindre un point vital (Rencontre de méridiens) que de mettre de la puissance physique. Le Ki est concentré à l’extrémité du sabre et provoque la coupe. La concentration du Ki dans le Seika tanden est un des éléments fondamentaux des Budo : les hanches sont la liaison entre le haut du corps (Qui manipule les armes) et le bas du corps (La stabilité). D’un point de vue symbolique, le Seika tanden réalise la liaison entre « Le ciel et la terre » (Tenchi), notion que l’on peut traduire par unification entre l’intention (Le ciel, la pensée) et l’énergie (La terre). On peut par exemple y voir la métaphore d’un arbre qui puise sa nourriture dans la terre pour tendre vers le ciel.

Le Ki reliant les êtres, relie également les deux adversaires :

La notion de vigilance, le Zanshin que l’on retrouve dans tous les arts martiaux japonais, s’appuie aussi sur le concept de Ki. À travers le Ki, on peut « Sentir » l’intention de l’ennemi, ce qui permet de riposter plus efficacement, voire d’agir avant que l’adversaire ait pu lui-même agir. On utilise également le terme sen pour désigner cette action simultanée (Sensen no sen  : attaque anticipant l’action adverse, Go no sen  : riposte anticipant l’action, Sen no sen  : attaque simultanée).

Le centre des énergies « Hara » ou « Seika tanden » ou « Seika-no-itten » (Point unique), point d’intersection de tous les méridiens, est donc le « carrefour » du Ki . Il se situe dans le ventre, à deux largeurs de doigt (Environ 3 cm) sous le nombril. Ce point unique est le centre d’équilibre du Ki , c’est à dire de toute l’énergie vitale du corps. Sans la compréhension et la sensation de ce point, le Iaido et son efficacité (Coupes, placements, etc..) reste une enigme. La maitrise du Hara se traduit souvent à tort par le ventre. Le centre de gravité doit toujours se situer au plus bas. Ce point est le lieu géométrique, spirituel et psychique où les lois de l’esprit et du corps se conjugue.

Sa connaissance seule permet la coordination mentale et physique. Sans cette coordination, toute puissance est momentanée et illusoire.

Dans le Iaido, en position Iai-goshi (Au sol), toutes les forces sont centralisées dans le ventre et on remarquera que la sortie du sabre se fait juste au niveau du Seika tanden. Comme si la lame du sabre jaillissait de sa saya à l’instar du « Ki »de notre corps physique.

Ce point est un symbole fort dans cette croyance. On peut remarquer que :

Lorsqu’une personne respire, c’est son ventre qui se gonfle et se dégonfle (Les poumons s’étendent vers le bas en poussant le diaphragme et les viscères à l’inspiration), on peut le constater en regardant une personne dormir.

Le centre de gravité du corps humain se situe vers cet endroit.

La mère porte le fœtus dans son ventre.

La coïncidence de ces phénomènes explique l’importance qu’ont pu accorder les japonais à ce point précis du corps. La manifestation la plus dramatique de l’importance de ce point est sans doute le Seppuku (Suicide rituel japonais), qui consiste à s’ouvrir le ventre avec un Tanto (Couteau – sabre).

LES POINTS VITAUX : Quelques bases simples sur le système énergétique

Avant de parler des point vitaux, il faut connaitre quelques petites bases.

Outre l’attaque directe du corps physique, nous pouvons aussi agir sur le corps énergétique pour affaiblir notre adversaire.

: Diagramme des points vitaux

Le vaisseau conception :

Il part d’un point qui se trouve juste en dessous de notre lèvre inférieure à un autre point qui se situe entre les parties génitales et l’anus, tout en passant le long du buste. Le Ki (Chi) y circule du bas vers le haut. Tout au long de se vaisseau se trouvent 24 points d’acupuncture.

Le vaisseau gouverneur :

il fait partie des 8 vaisseaux extraordinaires. Il reli le même point situé entre les parties génitales et l’anus à un autre point situé à l’intérieur de la lèvre supérieure, tout en passant le long de la colone vertébrale, la nuque et la tête. Tout au long de ce vaisseau se trouvent 28 points d’acupuncture.

Les 3 centres énergétiques :

  • Le Hara inférieur : il se trouve à trois doigts en dessous du nombril. Il stock le Ki originel (Ancestral). On utilise souvent ce centre dans les arts martiaux, pour y concentrer l’énergie et la ressortir au moment de la frappe ou de l’effort.

  • le Hara médian  : il se trouve au niveau du coeur et des poumons. C’est ici qu’est stocké le Ki provenant de l’air et des aliments que nous ingérons. C’est l’énergie de l’Homme.

  • le Hara supérieur : il se trouve au niveau de la tête. C’est le réservoir du Ki du mental et du  Kime (L’intention).

Les 12 méridiens primaires (In – Yo = Ying – Yang) :

Il y a 6 méridiens In et 6 Yo , dont 6 aboutissent à la main et 6 autres au pied. Tout au long de ces méridiens se trouvent une multitude de points d’acupuncture, utilisables dans les arts martiaux et dans le soin :

  • 3 méridiens In passent par l’intérieur du bras  : poumons (P), maître du coeur (MC), coeur (C)

  • 3 méridiens Yo passent par l’extérieur du bras : intestin grêle (IG), triple réchauffeur (TR) et gros intestin (GI)

  • 3 méridiens In  passent entre autre par  l’intérieur de la jambe  :  rein  (Rn),  foie  (F),  rate  (Rt)

  • 3 méridiens Yo  passent entre autre par  l’extérieur de la jambe  :  estomac  (E), vessie  (V),  vésicule biliaire  (Vb)

Bien entendu ce n’est qu’une infime partie des lignes et points énergétiques. Il existe entre autre d’autres notions basées sur : les organes, les huit vaisseaux merveilleux, les vaisseaux de connexion, le vaisseau d’assaut, le vaisseau ceinture, les vaisseaux In et Yo  de liaison, les vaisseaux In et Yo de talon, les 14 méridiens majeurs et plus de 2000 points d’acupuncture.

LES 6 SENS

Tous les pratiquants d’arts martiaux connaissent l’importance des 6 sens dont la perception « Go no sen », par rapport à la perception intuitive « Sen no sen ».

La vue : Le sens de la vue est l’un des plus utilisés. Grâce à lui le mental analyse l’adversaire, juge sa force et sa faiblesse. Par les yeux, un maximum d’informations peut être enregistré pour remporter la victoire, mais peut aussi nous en voiler d’autres. La vue est étroitement liée à la faculté de réfléchir. La vue doit être apaisée, elle aussi. Miyamoto Musashi disait de la vue, « Voir est plus important que regarder, la règle est de voir sans voir, de percevoir sans fixer l’attention, de pressentir et non de parer ou de répondre à une attaque, ce sont les yeux intérieurs qui voient. »

Le toucher : Le toucher n’est pas de moindre importance, il apporte lui aussi bon nombre d’informations. On doit apprécier la qualité raffiné du sabre utilisé, autant que ce qu’il représente. Le fait de saisir régulièrement la Tsuka de son sabre permet de rentrer en contact avec lui. A force d’être touchée, la Tsuka s’imprègne de son propriétaire et inversement. La Tsuka s’est formée à la main de son propriétaire et le restera. De là, nait l’harmonie du corps, de l’esprit et du sabre. Pour s’en convaincre, il vous suffira d’essayer le sabre de quelqu’un d’autre et vous vous apercevrai, qu’effectivement il ne vous convient pas.

L’ouie : L’ouie est également très utilisée, mais elle peut-être un handicap, car le Kiaï de l’adversaire peut troubler. Notamment sur l’environnement dans lequel nous évoluons, la présence ou non d’un danger, d’un ou de plusieurs adversaires. L’ouïe sera un facteur déterminant dans le zanshin.

Le gout : le gout n’est presque jamais utilisé. Le gout doit être développé comme la vue, mais nous ne pouvons pas y parvenir en mangeant notre nouriture quotidienne. Lorsque l’on déguste, cela agit sur notre imaginaire, et il est alors possible de ressentir le degrés de maitrise, ainsi que le niveau de concentration de la personne qui a preparé la nourriture.

L’odorat : l’odorat lui non plus, n’est presque jamais utilisé. Nous le développons en parfumant avec de l’encens les lieux de méditation. Pour bénéficier pleinement de ce sens, il nous faut trouver l’appaisement entre l’inspiration et l’expiration. Dans le but de percevoir les vibrations qui nous permettrons d’accéder au discernement spirituel.

L’intuition : L’intuition est une vertu qui découle des valeurs souvent évoquées lorsque l’on pratique ou l’on étudie les arts martiaux. L’intuition est une valeur éprouvée, à condition qu’elle soit basée sur une expérience, le fameux « Vécu ». L’intuition condense des années d’apprentissage en un éclair. Forger son corps et son esprit en pratiquant, constituera la mémoire utile par laquelle l’intuition prendra naissance. Toute expérience est engrangée dans notre psychisme, utilisable lorsqu’une situation semblable survient. Il y a donc peu de place à l’improvisation puisque la réponse pouvant sembler improvisée est la somme de ces expériences. Nous en revenons donc aux principes de base des arts martiaux: entraînement, persévérance et remise en question. Une fois acquise, ces expériences sont enfouies en nous, sous le calme du mental, mais prêtes à ressurgir le moment opportun. Cette idée est à comparer à l’image de la lune se reflétant dans une eau calme. Le reflet ne peut apparaître que si la surface de l’eau est sans vagues. C’est en cela que le « Génie » des arts martiaux, nous ramène à l’instar des philosophies zen à l’ici et maintenant.

« Ce qui importe le plus dans l’art du sabre est d’acquérir une certaine attitude mentale. Cette sagesse immuable, s’acquière intuitivement après un entrainement pratique prolongé »

Dans un combat, il ne faut pas se laisser distraire par les actions et le sabre de l’adversaire, dès que vous commencez à penser, vous lui donnez l’opportunité de gagner. Car dès que vous pensez, vous créez une rupture mentale consciente. Par contre, si vous gardez votre mental libre, vous pourrez agir instinctivement et produire une attaque ou une contre-attaque qui amèneront inévitablement la défaite de votre adversaire par lui-même.

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